La question du genre du mot « mémoire » revient souvent lorsqu’un projet d’écriture personnelle prend forme. Cet article précise la définition du terme, son usage et la différence entre les mémoires, l’autobiographie et d’autres formes d’écrits personnels.
Mémoire ou mémoires : quel genre employer
Le mot « mémoire » recouvre plusieurs réalités selon son genre, son nombre et son contexte. Avant de rédiger ses mémoires, mieux vaut donc distinguer ces emplois afin de choisir la formulation adaptée au titre comme à la présentation du projet.
Pourquoi les mémoires sont masculins
Dans l’expression « écrire ses mémoires », le nom est masculin pluriel. L’Académie française le confirme. Les dictionnaires courants également : « il a écrit ses mémoires » comme « elle a écrit ses mémoires ».
- Les mémoires, au masculin pluriel, désignent un récit autobiographique dans lequel l’auteur rapporte des événements vécus, en accordant une place importante à leur époque et à leur contexte collectif.
- Un genre littéraire à part entière : les mémoires se distinguent de l’autobiographie, du journal intime et de la biographie écrite par un tiers.
- Un emploi toujours pluriel dans ce sens : on ne dit pas « un mémoire de vie ». Au masculin singulier, le mot renvoie à un autre type d’écrit.
Les mémoires permettent à l’auteur de témoigner d’une époque, d’un rôle joué dans des événements marquants ou d’une histoire collective éclairée par un regard personnel.
La mémoire au féminin
Au féminin singulier, « la mémoire » désigne la faculté de retenir, de rappeler et de reconstruire des souvenirs.
Chateaubriand, Saint-Simon et Simone de Beauvoir l’illustrent : chez eux, « mémoires » désigne la forme littéraire, quel que soit le genre de l’auteur.
Le mémoire au masculin singulier
« Un mémoire », au masculin singulier, désigne un écrit académique, universitaire ou administratif : rapport, note ou document de recherche. Il ne recouvre pas le récit autobiographique. Il faut donc distinguer « rédiger un mémoire de master » de l’expression « rédiger ses mémoires », qui renvoie à un récit de vie.
Le rôle du mémorialiste
Un mémorialiste est un auteur qui inscrit son témoignage dans une époque. Il peut avoir participé aux événements racontés, comme le cardinal de Retz dans ses mémoires de guerre civile, ou en avoir été un témoin attentif. Dans les deux cas, son projet dépasse le souvenir intime pour restituer une époque depuis l’intérieur.
La singularité des mémoires réside dans cet ancrage collectif. Alors que l’autobiographie explore surtout la construction intime de soi, les mémoires portent le regard de l’auteur vers la vie publique, les faits et les figures de son temps. Pour approfondir cette démarche, l’écriture de ses mémoires gagne à être précédée d’une réflexion sur l’intention, le destinataire et le fil conducteur. Les ressources consacrées à l’aide pour écrire une autobiographie apportent également un cadre méthodologique. La catégorie consacrée à l’écriture des mémoires personnels propose des repères pour structurer ce témoignage.
Foire aux questions
| Mot | Genre et nombre | Sens | Exemple |
| Les mémoires | Masculin pluriel | Genre littéraire : récit autobiographique ancré dans une époque | Les Mémoires de Saint-Simon |
| La mémoire | Féminin singulier | Faculté cognitive de se souvenir | Avoir une bonne mémoire |
| Un mémoire | Masculin singulier | Écrit académique ou administratif | Soutenir un mémoire de master |
Le mot mémoire est-il féminin ou masculin dans l’expression « écrire ses mémoires » ?
Dans l’expression « écrire ses mémoires », mémoires est un nom masculin pluriel. Ce sens littéraire désigne un témoignage écrit sur une vie et une époque, rédigé par un auteur qui en a été acteur ou témoin. Il ne faut pas le confondre avec « la mémoire », féminin singulier, qui désigne la faculté de se souvenir, ni avec « un mémoire », masculin singulier, qui correspond à un écrit académique ou administratif. Le dictionnaire et l’Académie française confirment cet usage.
Comment appelle-t-on quelqu’un qui rédige ses mémoires ?
La personne qui choisit d’écrire ses mémoires est un mémorialiste ou une mémorialiste. Ce terme désigne l’auteur d’un récit attaché à des événements vécus, mais aussi au contexte historique et à la vie publique de son époque. Le cardinal de Retz, Saint-Simon et Chateaubriand incarnent cette tradition.
Le mot s’emploie aujourd’hui dans un sens plus large. Toute personne qui consigne le souvenir d’une période marquante peut devenir mémorialiste, quelle que soit sa notoriété. Derrière chaque texte, La Plume de Blanc-Misseron aide à trouver le mot juste pour une histoire qui mérite d’être racontée.
Quelle est la différence entre les mémoires et une autobiographie ?
La différence tient au centre de gravité du récit. Dans un récit autobiographique, l’auteur place son parcours intime, ses émotions et ses prises de conscience au cœur de l’écrit; le pacte autobiographique engage sa sincérité envers le lecteur. Les mémoires s’intéressent davantage à une époque, à des événements collectifs et à une histoire partagée, même si le regard personnel reste essentiel.
Le journal intime obéit à une autre logique : il accompagne les faits au moment où ils se produisent, tandis que les mémoires reposent généralement sur un retour rétrospectif.