L’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir suit une logique simple, déterminée par la position du complément d’objet direct. Si ce COD précède le verbe, l’accord s’effectue; sinon, le participe reste invariable. Une synthèse complète de cette règle d’orthographe est disponible sur ce site.
La règle de l’accord du participe passé avec avoir
Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir ne s’accorde jamais avec le sujet, contrairement à celui employé avec l’auxiliaire être. Seul compte la position du COD. En l’absence d’un complément d’objet direct placé avant le verbe, le participe reste invariable.

Pourquoi le COD détermine l’accord du participe passé
Le participe passé conjugué avec avoir ne s’accorde que si un COD est placé avant lui. Sans cela, même en présence d’un complément d’objet, il reste invariable.
À la différence de l’accord avec être, qui suit le sujet, celui avec avoir ignore le sujet et ne dépend que du complément d’objet direct.
Comment identifier le COD avant ou après le verbe
Pour repérer le COD, posez les questions « qui ? » ou « quoi ? » à la suite de l’action. La réponse désigne le complément d’objet direct et indique si l’ accord du participe passé avec avoir est nécessaire.
- La méthode « J’ai fait quoi ? » : la reformulation mentale permet d’identifier rapidement le COD.
- Le test de déplacement : déplacer le COD après le verbe. S’il n’est plus devant, l’accord ne se fait pas.
- Pronominalisation : remplacer le COD par un pronom (le, la, les) montre clairement s’il est placé avant et nécessite l’accord.
Dans « Les lettres que j’ai écrites », le pronom relatif « que » représente « les lettres » et fait office de COD antéposé : l’accord se fait au féminin pluriel. Dans « J’ai écrit les lettres », le COD suit : le participe reste invariable.
Exemples concrets d’accord et d’invariabilité
Observez des exemples où la place du COD change l’accord : « Les dossiers que tu as traités » (COD antéposé) contraste avec « Tu as traité les dossiers » (participe invariable).
Avec un pronom : « Je t’ai appelée » (la personne est féminine, le pronom « t’ » est antéposé, accord). Comparaison avec : « J’ai appelé Pierre » (COD postposé, participe invariable).
| Structure de phrase | COD placé avant le verbe | Accord du participe | Exemple |
| Proposition relative | Pronom relatif « que » placé avant | Accord avec l’antécédent | Les fleurs que j’ai cueillies |
| COD pronominalisé | Pronoms le, la, les placés avant | Accord en genre et nombre | Je les ai vues |
| COD nom à la fin | Aucun COD placé avant | Participe invariable | J’ai vu les enfants |
| Pronom « en » | Exception : « en » neutre | Participe toujours invariable | Des livres, j’en ai lu plusieurs |
Dernier cas : « Les costumes que vous avez achetés » (COD antéposé, accord masculin pluriel). Par contraste, « Vous avez acheté les costumes » (COD postposé, participe invariable).
Accord du participe passé avec les pronoms et cas particuliers
Les pronoms influencent déterminamment l’accord du participe passé employé avec avoir. Chaque type de pronom implique ses propres règles et exceptions à maîtriser pour éviter les erreurs fréquentes.

Accord avec les pronoms personnels COD et le pronom ‘que’
Lorsqu’un pronom personnel complément d’objet direct (COD) précède le verbe, l’accord est obligatoire. Le participe prend alors le genre et le nombre du nom qu’il remplace.
- Le, la, les : L’accord se fait au masculin singulier, féminin singulier, ou au pluriel. Exemple : « Je les ai vus » (masculin pluriel) ou « Je les ai vues » (féminin pluriel).
- Me, te, nous, vous : Leur accord dépend du genre et du nombre de ce qu’ils représentent. On écrit « Tu m’as appelée » avec un « e » si la personne qui parle est une femme.
- Le pronom relatif ‘que’ : Il fonctionne comme un COD et s’accorde avec son antécédent. « L’homme que j’ai vu » (masculin singulier) ou « Les enfants que j’ai vus » (masculin pluriel).
Prenons un exemple concret : « Les réunions que j’ai organisées ». Ici, le pronom relatif ‘que’a pour antécédent ‘réunions’, un nom féminin pluriel placé avant le verbe. Le participe s’accorde alors, contrairement à la situation où le nom suit le verbe.
Le pronom ‘en’, le COI et les difficultés courantes
L’accord du participe passé avec avoir se complexifie avec le pronom « en ». Celui-ci rend systématiquement le participe passé invariable. Dans « Des fleurs, j’en ai cueilli », le participe reste au masculin singulier malgré le pluriel.
- Le pronom ‘en’neutralise l’accord : Même s’il remplace un nom féminin ou pluriel, on ne fait jamais l’accord dans ce cas.
- Distinction entre COD et COI : Un complément d’objet indirect (COI) n’entraîne aucun accord. « Ils nous ont parlé » reste invariable, car « nous » est ici un COI.
- Le pronom ‘l’ : S’il remplace un nom COD, il y a accord. S’il représente une idée entière, le participe reste neutre.
- Les verbes intransitifs : Les verbes de mouvement, comme « aller », n’ayant pas de complément d’objet, leur participe passé reste toujours invariable.
Observez ce dernier exemple : « Les personnes à qui j’ai parlé ». Le mot « qui » est ici un COI. L’accord du participe passé ne s’applique donc pas.
Accord du participe passé avec être ou avec avoir
La règle diffère radicalement selon l’auxiliaire employé. L’accord du participe passé avec être se fait systématiquement avec le sujet. Avec avoir, l’accord dépend du complément d’objet placé avant.
C’est pourquoi on écrit « Les filles que nous avons rencontrées » : le participe ‘rencontrées’s’accorde avec le pronom COD ‘que’, qui représente ‘les filles'(féminin pluriel). Ces nuances s’acquièrent avec la pratique.
Cas particuliers de l’accord du participe passé avec avoir
Certaines tournures créent des exceptions qui demandent une attention particulière. Maîtriser ces cas spécifiques vous permet d’écrire sans hésiter. L’accord du participe passé avec avoir n’aura bientôt plus de secrets pour vous.

Faire, laisser et l’infinitif : quand le participe reste invariable
Les verbes « faire » et « laisser » font exception à la règle d’accord du participe passé avec avoir. Contrairement à l’accord du participe passé avec être, on n’accorde pas ici. Même quand le COD précède, le participe reste invariable, comme dans cet exemple : Les roses que j’ai fait cueillir.
- Faire + infinitif reste toujours invariable : « Les enfants que tu as fait partir » – on n’accorde jamais, même avec un antéposé, car l’action est exécutée par quelqu’un d’autre.
- Laisser + infinitif : règle similaire d’invariabilité : « Elle a laissé tomber les assiettes » – le participe reste invariable, même avec un complément antéposé. La logique est la même.
- Participe passé suivi d’un infinitif : accord conditionnel : Pour un participe passé suivi d’un infinitif, on accorde si le complément fait l’action. On écrit donc « Les danseurs que j’ai vus danser », mais « La décision que j’ai entendu prendre » (le complément ne danse pas, il entend prendre).
- Distinction pratique : Demandez-vous simplement si le complément effectue l’action de l’infinitif. Oui, accordez. Non, laissez invariable.
Dans « Les livres que j’ai fait lire », on n’accorde pas, car c’est quelqu’un d’autre qui lit. En revanche, on accorderait si le sujet accomplissait l’action. Cette construction reste cependant assez rare à l’écrit.
Verbes de mesure, intransitifs et impersonnels
La pratique avec des exercices sur l’accord du participe passé avec avoir aide à repérer le complément d’objet direct. Les verbes comme coûter ou peser s’emploient différemment selon le sens. Il faut saisir cette nuance.
- Complément circonstanciel de mesure vs COD : Si le mot répond à « combien ? », c’est souvent un complément de mesure : pas d’accord. Si c’est un véritable COD, il faut accorder.
- Verbes intransitifs sans COD possible : Certains verbes comme aller ou venir n’admettent pas de COD. Leur participe reste invariable avec avoir.
- Verbes impersonnels et semblables : « Il a plu », « il a neigé » – ces formes sont toujours invariables. La structure impersonnelle exclut toute présence d’un sujet ou d’un complément direct.
Dans « Les deux kilos que j’ai perdus », on accorde au masculin pluriel (« kilos » est COD antéposé). Mais avec « le poids perdu », l’invariabilité l’emporte si « perdu » indique une quantité. Le sens dicte toujours la bonne orthographe.
S’exercer pour maîtriser l’accord du participe passé
Pour maîtriser l’accord du participe passé, rien ne vaut la pratique. Apprenez à repérer la place du complément dans vos phrases pour déterminer si vous devez ou non accorder.
Amusez-vous à remanier vos phrases pour mieux comprendre. Déplacez le complément avant ou après le verbe pour voir si l’accord s’impose. Cette gymnastique visuelle développera vos réflexes.
Lisez vos textes habituels en portant une attention particulière à ces règles. Repérez systématiquement la position du complément par rapport au verbe. Avec l’habitude, l’application de l’accord deviendra naturelle.
Foire aux questions
Comment accorder le participe passé avec avoir de manière fiable ?
Commencez par repérer le COD en posant les questions « qui ? » ou « quoi ? » après le verbe. Si le COD est placé avant le verbe, vous devez accorder le participe passé en genre et en nombre. En revanche, en l’absence de complément d’objet direct, le participe reste invariable. Par exemple : « J’ai mangé la pomme » (pas d’accord car COD après), mais « La pomme que j’ai mangée » (accord car COD placé avant).
Quelle différence entre COD placé avant le verbe et COD placé après le verbe ?
La position du COD est déterminante : s’il est placé avant le verbe, l’ accord du participe passé est obligatoire. À l’inverse, si le COD est placé après le verbe, le participe reste invariable. Voici un exemple concret : « J’ai lu ces livres » (COD après → invariable) et « Ces livres que j’ai lus » (COD avant → accord).
Le pronom en commande-t-il un accord du participe passé ?
Non. Malgré ses fonctions parfois équivalentes au COD, l’usage du pronom en entraîne une règle particulière : le participe reste toujours invariable. Par exemple, dans la phrase « J’en ai cueilli », même en sous-entendant un nom féminin pluriel (des fleurs), on n’applique pas l’ accord du participe passé. Cette exception est constante et incontournable.