L’accord du participe passé des verbes pronominaux pose des difficultés même aux locuteurs expérimentés, parce que la règle ne dépend pas seulement de l’auxiliaire, mais de la fonction du pronom réfléchi et de la position du complément d’objet direct. Comprendre les types de verbes pronominaux, c’est la condition préalable pour accorder le participe passé sans se tromper.
Les types de verbes pronominaux à connaître
Un verbe pronominal se conjugue toujours avec un pronom personnel réfléchi identique au sujet : me, te, se, nous, vous, se. À l’infinitif et à la troisième personne, le pronom employé est « se ». Ces verbes forment leurs temps composés avec l’auxiliaire être, jamais avec avoir.

Définition et fonctionnement du verbe pronominal
Les verbes pronominaux se distinguent par la présence obligatoire du pronom réfléchi, lié au verbe à tous les temps composés : passé composé, plus-que-parfait, futur antérieur, conditionnel passé, subjonctif passé. C’est cette conjugaison avec l’auxiliaire être qui conditionne directement les règles d’accord du participe passé.
- Présence obligatoire du pronom : le pronom réfléchi reste toujours lié au verbe, même au passé composé.
- Conjugaison avec être : tous les temps composés utilisent l’auxiliaire être, jamais avoir.
- Identité du pronom et du sujet : le pronom réfléchi désigne toujours la même personne que le sujet.
- Infinitif prononcé « se » : à l’infinitif, le pronom est toujours « se » (se laver, se souvenir, se disputer).
La conjugaison avec être implique en principe un accord avec le sujet. Cette règle générale subit pourtant des modifications selon les types de verbes pronominaux et la fonction grammaticale du pronom réfléchi, c’est là que ça se complique.
Les 4 types de verbes pronominaux en français
Connaître les 4 types de verbes pronominaux, c’est l’étape préalable à tout accord correct. Chaque catégorie suit ses propres règles : le participe passé s’accorde avec le sujet, avec un complément d’objet direct, ou reste invariable selon le cas.
- Essentiellement pronominaux : n’existent que sous forme pronominale (se souvenir, s’évanouir, se méfier). Le pronom réfléchi n’a aucune fonction grammaticale identifiable.
- Sens réfléchi : le sujet agit sur lui-même (se laver, se peigner, se blesser). Le pronom « se » fonctionne comme complément d’objet direct ou indirect selon le verbe.
- Réciproque : deux ou plusieurs sujets agissent l’un sur l’autre (se regarder, s’écrire, se disputer). Le pronom peut être objet direct ou indirect.
- Sens passif : le sujet subit l’action sans agent exprimé (la maison s’est bien vendue). Ces verbes sont remplaçables par une tournure passive équivalente.
Cette classification conditionne directement l’accord du participe passé des verbes pronominaux. Un verbe essentiellement pronominal s’accorde systématiquement avec le sujet, tandis qu’un verbe réfléchi ou réciproque peut rester invariable selon la position du complément d’objet direct.
Comment identifier le type d’un verbe pronominal
Pour identifier le type d’un verbe pronominal, on supprime le pronom réfléchi et on vérifie si le verbe conserve un sens identifiable sans lui. Si la phrase perd tout son sens ou si le verbe n’existe pas sans le pronom, il s’agit d’un verbe essentiellement pronominal.
Deux exemples concrets l’illustrent bien. « Elle se souvient » → sans « se », « elle souvient » n’existe pas : verbe essentiellement pronominal, accord du participe passé avec le sujet, systématiquement. « Elle se lave » → « elle lave » existe et appelle un objet direct : verbe à sens réfléchi, et l’accord du participe passé dépend alors de la position de cet objet direct par rapport au verbe, ce qui change tout à l’accord du participe passé des verbes pronominaux dans la pratique.
La règle d’accord du participe passé des verbes pronominaux
L’accord du participe passé des verbes pronominaux dépend de trois éléments : le type de verbe, la fonction du pronom réfléchi, et la position du complément d’objet direct dans la phrase. La règle d’accord combine deux systèmes distincts, c’est pour ça qu’elle demande un peu de méthode avant de devenir automatique.
Pourquoi le verbe pronominal suit une règle spécifique
Les verbes pronominaux se conjuguent obligatoirement avec l’auxiliaire être, ce qui les distingue des verbes conjugués avec avoir. Avec l’auxiliaire avoir, le participe passé ne s’accorde qu’avec le complément d’objet direct placé avant le verbe. Avec l’auxiliaire être seul, pour les verbes non pronominaux —, le participe s’accorde systématiquement avec le sujet.
Pour les verbes pronominaux, la règle combine ces deux systèmes : l’accord dépend à la fois de la fonction du pronom réfléchi « se » et de la position du complément d’objet direct. Ce pronom peut fonctionner comme objet direct du verbe ou comme objet indirect, et selon sa fonction, l’accord du participe passé varie de manière significative.
Deux exemples suffisent à poser la différence : « elles se sont lavées », accord car « se » est objet direct, et « elles se sont parlé », invariable car « se » est objet indirect. Cette distinction grammaticale est fondamentale pour appliquer correctement la règle.
Accord selon la fonction du pronom réfléchi
L’accord du participe passé avec verbe pronominal dépend entièrement de la fonction grammaticale du pronom « se ». Lorsque « se » fonctionne comme objet direct et qu’aucun autre complément d’objet direct ne suit le verbe, le participe passé s’accorde avec le sujet, puisque le pronom réfléchi représente le sujet agissant sur lui-même.
Quand « se » fonctionne comme objet indirect, le participe passé reste invariable, le pronom indirect ne déclenche pas d’accord, tout comme avec l’auxiliaire avoir. Des exemples courants : « elles se sont parlé » (parler à quelqu’un, donc objet indirect), « ils se sont souri » (sourire à quelqu’un).
Si un complément d’objet direct externe est placé après le verbe, le participe passé reste invariable. Exemple : « elles se sont lavé les mains » (objet direct = les mains, placé après). En revanche, si ce complément est placé avant le verbe via un pronom ou un pronom relatif, l’accord se fait avec ce complément : « les mains qu’elles se sont lavées ».
Rôle de la position du COD dans l’accord du participe passé
La position du complément d’objet direct par rapport au verbe est décisive. Un COD placé avant le verbe entraîne l’accord avec ce complément; un COD placé après laisse le participe passé invariable.
Cette règle s’applique à tous les cas : pronom réfléchi « se » (toujours placé avant le verbe), pronoms personnels objet direct antéposés (le, la, les, que), ou pronom relatif « que ». L’absence de COD antéposé signifie absence d’accord, sauf pour les verbes essentiellement pronominaux, dont le participe passé s’accorde systématiquement avec le sujet, sans exception.
Accord du participe passé des verbes essentiellement pronominaux
Les verbes essentiellement pronominaux offrent la règle d’accord la plus simple qui soit : le participe passé s’accorde systématiquement avec le sujet, sans exception ni condition particulière. Ces verbes n’existent que sous forme pronominale, c’est ce qui rend la règle aussi prévisible.
Règle systématique d’accord avec le sujet
Pour l’accord du participe passé des verbes essentiellement pronominaux, la règle est absolue : le participe passé s’accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet du verbe. Cette constance facilite considérablement la correction grammaticale pour cette catégorie.
Exemples concrets : « elle s’est évanouie » (féminin singulier), « les mésanges se sont envolées » (féminin pluriel), « ils se sont souvenus » (masculin pluriel), « elle s’est enfuie » (féminin singulier). Dans tous ces cas, le participe passé s’accorde directement avec le sujet, sans analyse supplémentaire de la fonction du pronom réfléchi.
Le verbe ‘s’arroger’, exception à connaître
Le verbe « s’arroger » constitue l’exception notable et unique parmi les verbes essentiellement pronominaux. Contrairement à ses homologues, son participe passé s’accorde non avec le sujet, mais avec le complément d’objet direct placé avant le verbe, comme pour les verbes conjugués avec avoir. Cette singularité tient à la présence d’un vrai objet direct distinct du pronom réfléchi, ce qui explique aussi pourquoi l’accord fonctionne différemment ici.
Exemples corrects : « les droits qu’il s’est arrogés » (accord avec « droits », masculin pluriel), « les libertés qu’elle s’est arrogées » (accord avec « libertés », féminin pluriel). Sans complément d’objet direct antéposé, le participe reste invariable : « il s’est arrogé des droits ».
Cette exception demeure rare en pratique, mais elle représente une rupture franche avec la règle générale. Pour identifier cette construction, posez la question « quoi ? » après le verbe afin de vérifier si un vrai complément d’objet direct, distinct du pronom, existe bien.
Participe passé des verbes pronominaux de sens passif
Les verbes pronominaux de sens passif s’accordent également avec le sujet, tout comme les verbes essentiellement pronominaux. La différence tient à la justification grammaticale : ces verbes peuvent être remplacés par une tournure passive équivalente, ce qui explique l’accord avec le sujet.
Exemples parlants : « la maison s’est bien vendue » équivaut à « la maison a été bien vendue »; « les studios se sont très bien vendus » équivaut à « les studios ont été très bien vendus ». Dans ces constructions, le sujet grammatical de la forme pronominale correspond à l’objet direct du verbe actif non pronominal, c’est précisément ce qui justifie l’accord du participe passé.
Quels verbes pronominaux ne s’accordent jamais au participe passé
Se plaire, se nuire, se succéder : ces verbes pronominaux restent invariables au participe passé parce que le pronom réfléchi y fonctionne comme objet indirect, jamais comme complément d’objet direct. Savoir les identifier, c’est éliminer une catégorie entière d’erreurs récurrentes.

Les verbes pronominaux à participe passé toujours invariable
Les verbes pronominaux invariables forment une liste définie et mémorisable : se plaire, se complaire, se déplaire, se rire, se sourire, se succéder, se ressembler, se parler, se nuire, se survivre, se suffire, se convenir. Dans chacun de ces cas, le pronom réfléchi « se » est un complément d’objet indirect, jamais un objet direct.
La raison grammaticale tient à la construction du verbe de base : « plaire à quelqu’un » appelle un objet indirect, non un complément d’objet direct. À la forme pronominale, cette structure persiste, « ils se sont plu » signifie « plu à qui ? », et « se » reste objet indirect, ce qui rend le participe passé invariable.
COD ou COI du pronom ‘se’, comment trancher
Distinguer le complément d’objet indirect du complément d’objet direct permet de décider si le participe passé s’accorde ou reste invariable. La méthode : identifier quel verbe non pronominal correspond, puis déterminer quel objet ce verbe prend.
- Question « quoi ? » : si on peut poser « quoi ? » après le verbe et obtenir une réponse pertinente, le pronom est objet direct. Exemple : « laver quoi ? » → les mains (complément d’objet direct), donc dans « elles se sont lavé les mains », l’objet direct externe entraîne l’invariabilité.
- Question « à qui ? » : si on pose « à qui ? » ou « de qui ? » pour obtenir un sens complet, le pronom est objet indirect. Exemple : « parler à qui ? », donc dans « elles se sont parlé », le complément d’objet indirect rend le participe invariable.
- Absence de complément externe : si aucun autre complément d’objet direct ne suit le verbe et que le pronom « se » est objet direct du verbe, le participe passé s’accorde avec le sujet. Exemple : « elles se sont lavées », se = objet direct, pas d’autre objet, accord avec le sujet féminin pluriel.
Cette méthode couvre la quasi-totalité des cas rencontrés avec les verbes pronominaux. Pour les constructions plus complexes, la accord participe passé avoir détaille les mécanismes d’identification du complément d’objet direct.
Exercices pour maîtriser l’accord du participe passé pronominal
L’accord du participe passé des verbes pronominaux ne s’improvise pas : il s’acquiert par une pratique régulière et méthodique. Cette section propose des exercices progressifs, des cas pratiques corrigés et une stratégie d’apprentissage adaptée.
Méthode en trois étapes pour accorder le participe passé
Pour appliquer correctement les règles de l’accord du participe passé des verbes pronominaux, suivez systématiquement cette méthode en trois étapes. Elle transforme un processus complexe en procédure logique et reproductible.
- Étape 1 : identifier le type de verbe : demandez-vous si le verbe existe sans le pronom réfléchi. Si non, c’est un verbe essentiellement pronominal, l’accord se fait systématiquement avec le sujet.
- Étape 2 : déterminer la fonction du pronom « se » : posez la question « quoi ? » pour repérer l’objet direct, ou « à qui ? » pour l’objet indirect. Un objet indirect entraîne l’invariabilité du participe passé.
- Étape 3 : repérer la position du complément d’objet direct : vérifiez si le complément d’objet direct est placé avant ou après le verbe. S’il est placé après, le participe passé reste invariable.
- Appliquer la règle correspondante : selon les résultats des trois étapes, accordez ou laissez invariable le participe passé.
Premier exemple pratique : « Elles se sont blessées ». Étape 1, blesser quelqu’un existe, donc verbe réfléchi occasionnel, pas essentiellement pronominal. Étape 2, blesser quoi ? → « se » = elles-mêmes, objet direct. Étape 3, pas d’autre objet direct placé après le verbe. Résultat : accord avec le sujet féminin pluriel → « blessées ».
Deuxième exemple : « Elles se sont blessé la cheville ». Étape 1, verbe réfléchi occasionnel. Étape 2, blesser quoi ? → « la cheville », objet direct externe, pas « se ». Étape 3, cet objet direct est placé après le verbe. Résultat : participe passé invariable → « blessé ».
Cas pratiques corrigés sur les verbes pronominaux
Pour progresser efficacement, voici des exemples détaillés, avec correction et justification. Chaque cas illustre une règle ou une exception importante du passé des verbes pronominaux.
| Phrase à analyser | Type de verbe | Fonction du « se » | Accord correct | Justification |
| Elles se sont souvenues | Essentiellement pronominal | Aucune fonction identifiable | Souvenues ✓ | Accord systématique avec le sujet féminin pluriel |
| Elles se sont lavées | Réfléchi occasionnel | Objet direct | Lavées ✓ | Accord avec le sujet; pas d’autre objet direct |
| Elles se sont lavé les mains | Réfléchi occasionnel | Objet indirect | Lavé ✓ | L’objet direct « les mains » est placé après le verbe; participe invariable |
| Elles se sont plu | Pronominal à objet indirect | Objet indirect | Plu ✓ | Se plaire est toujours invariable |
| Elles se sont écrit des lettres | Réciproque | Objet indirect | Écrit ✓ | « Se » est objet indirect; « des lettres », objet direct, est placé après le verbe |
| Les lettres qu’elles se sont écrites | Réciproque | Objet indirect | Écrites ✓ | L’objet direct « que » (= lettres) est placé avant; accord avec le pronom relatif |
Comment progresser avec des exercices ciblés
Pour consolider votre maîtrise, commencez par les verbes essentiellement pronominaux, accord systématique avec le sujet, règle sans exception, puis progressez vers les verbes réfléchis et réciproques. Cet ordre pédagogique respecte une progression logique de la difficulté, de l’invariable vers l’accord conditionnel.
Consultez également la page accord participe passé, qui synthétise les grandes règles grammaticales et propose des méthodes additionnelles pour progresser. Les exercices en ligne avec correction immédiate constituent aussi un outil précieux : ils permettent d’identifier vos zones d’incertitude et de les résoudre progressivement.
Foire aux questions
Quelle est la différence entre l’accord avec avoir et l’accord avec être pour les verbes pronominaux ?
Avec l’auxiliaire avoir, le participe passé s’accorde uniquement si le complément d’objet direct est placé avant le verbe. Avec l’auxiliaire être, utilisé obligatoirement par les verbes pronominaux, la règle change : l’accord dépend de la fonction du pronom réfléchi et de la position du complément d’objet direct.
Pour les verbes essentiellement pronominaux, l’accord du participe passé avec le sujet est systématique. C’est ce qui rend la règle plus simple à appliquer que celle des verbes conjugués avec avoir.
Pourquoi certains verbes pronominaux comme « se plaire » restent-ils toujours invariables ?
Le participe passé d’un verbe comme « se plaire » reste invariable parce que le pronom réfléchi fonctionne comme complément d’objet indirect, non comme objet direct. Le verbe « plaire » se construit avec un objet indirect, « plaire à quelqu’un », et cette structure persiste à la forme pronominale.
Concrètement, un complément d’objet indirect ne déclenche jamais d’accord, même en l’absence de tout autre complément dans la phrase.
Comment savoir si je dois accorder le participe passé d’un verbe pronominal en présence d’un autre complément ?
La méthode tient en deux étapes. D’abord, identifiez la fonction du complément : s’agit-il d’un objet direct ou d’un objet indirect ? Un complément d’objet indirect n’entraîne jamais d’accord, la règle s’arrête là.
Si c’est bien un complément d’objet direct, vérifiez sa position par rapport au verbe. Placé avant le verbe, il entraîne l’accord du participe passé avec ce complément. Placé après, le participe passé reste invariable.